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Le marché de l’automobile de collection en 2016

Le salon Rétromobile ayant fermé ses portes il y a près d’une semaine, il est temps de faire à tête reposée un premier bilan du marché de l’automobile de collection en 2016. En ce début d’année, le marché de l’automobile de collection ne semble pas repartir sur les mêmes bases que les années précédentes.
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Vente Retromobile 2016

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Les ventes aux enchères de Scottsdale puis de Rétromobile ont livré un bilan en retrait par rapport aux années précédentes. Que ce soit en terme de pourcentage de lots vendus ou de prix de vente de ceux-ci par rapport aux estimations, tous les indicateurs montrent un certain recul. Si pour les maisons de ventes aux enchères, on peut mettre ces difficultés sur le compte d’estimations trop optimistes, cette analyse ne tient pas pour les voitures vendues sans prix de réserve.

Même constat au niveau des marchands, suite à 5 jours d’exposition à Rétromobile, de nombreuses voitures de valeur sont reparties invendues et on retrouvé le showroom de leurs marchands ou le garage de leurs propriétaires.

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L’automobile de collection a-t-elle connue une bulle spéculative ?

Ces dernières années, les cotes des voitures de collections avaient des croissances à deux chiffres et même des augmentations de plus de 100% pour des modèles rares. Durant cette période, les experts automobiles, souvent eux même employés de maisons de ventes aux enchères ou négociants de haut niveau nous juraient leurs grands dieux que l’on n’était pas dans une situation de bulle spéculative mais bien face à une croissance solide et durable.

Difficile d’être à la fois juge et parti, il fallait bien rassurer les acheteurs / investisseurs lorsque ceux-ci s’apprêteraient à signer un gros chèque au moment d’acheter une voiture de collection. En ce début d’année 2016, ces mêmes experts sont bizarrement mués et les résultats des ventes mettent plus de temps à être publiés.

Le marché de l’automobile 2016 devient plus compliqué mais il ne faut pas non plus prendre peur et parler d’explosion de la bulle spéculative. Nous sommes encore très loin d’une telle situation, la croissance se ralenti mais le marché ne diminue pas pour autant, les acheteurs devenant simplement plus sélectifs.

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Un marché qui se tend et devient plus exigeant

Les résultats des différentes ventes aux enchères montrent que les acheteurs sont encore prêts à investir massivement dans l’automobile de collection mais uniquement pour des modèles d’exception et non pour des voitures moyennes ou intermédiaires. L’Alfa Romeo Giulia Sprint GTA vendue par Artcurial Motorcars en est la meilleure illustration, cette voiture rare et au palmarès limpide a été vendue 442 040€, plus du double de son estimation.
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Retromobile 2016 Alfa Romeo.

A l’inverse certaines stars des ventes aux enchères n’ont pas été vendues car elles étaient proposées au prix de voitures exceptionnelles alors qu’il s’agissait de modèles certes rares mais sans historique, sans palmarès, n’étant ni dans un état d’origine remarquable ou ayant fait l’objet d’une restauration intégrale.

Ces voitures « entre deux » qui sont d’excellentes voitures d’usages sont donc désormais boudées par les collectionneurs et ne trouvent plus preneurs. Les collectionneurs / investisseurs se concentrant sur des modèles très rares voir uniques.

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Des affaires à faire pour les amateurs

Pour la première fois depuis très longtemps, les collectionneurs « normaux », c’est-à-dire ceux qui ne disposent pas de centaines de milliers d’euros de budgets pouvaient faire des affaires lors des ventes aux enchères parisiennes. Nous retiendrons deux exemples, une Jaguar XK140 SE Coupé vendue 56 000€ par RM Auctions Sotheby’s ou encore une Alfa Romeo Giulia Sprint GT Veloce qui a changé de mains pour un peu plus de 28 000€.
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Quel évolution pour le marché de l’automobile de collection en 2016

Si cette tendance persiste sur le marché de l’automobile de collection en 2016, tout le monde y trouvera son compte. Les acheteurs souhaitant rouler avec leurs anciennes pourront profiter des lots n’intéressant pas les grands collectionneurs internationaux, ceux-ci se concentrant sur le marché des véhicules rares à plusieurs centaines voir millions d’euros.

Il est encore trop tôt pour établir si le ralentissement du marché de l’automobile de collection est une tendance durable ou s’il s’agit simplement d’un léger tassement avant un nouvel envol. Quoi qu’il en soit, suite à ces premiers résultats de l’année, les acheteurs seront surement plus attentifs à la façon dont ils investiront dans l’automobile de collection. Les prochaines ventes aux enchères, particulièrement celles d’Amelia Island qui se tiendront début mars, seront particulièrement analysées par les observateurs ainsi que par les investisseurs.

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Pour aller plus loin

Retrouvez ici toutes les analyses ainsi que les résultats complets et détaillés des ventes aux enchères de la semaine de Rétromobile 2016 :

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Tout sur la vente aux enchères Baillon, photos, résultats et après ?

A l’approche du salon Rétromobile 2015, la vente aux enchères de la collection Baillon semblait être le centre de toute l’attention et l’événement à ne pas manquer lors de cette édition. Dès l’ouverture du salon, cette impression se confirme, on n’a jamais vu autant de monde faire la queue pour voir une exposition de voitures proposées dans une vente aux enchères. Dans la file d’attente on entend de nombreuses langues étrangères ce qui montre bien que l’intérêt n’est pas franco français mais bien mondial. De nombreux médias spécialisés étrangers ont décrit cette trouvaille comme la sortie de grange du siècle, et de nombreux curieux ou enchérisseurs ont fait le déplacement d’Europe ou de plus loin.

Outre le fait d’avoir découvert la collection Baillon, Artcurial Motorcars a également soigné la présentation des voitures en créant une atmosphère unique autour d’elles. Celles-ci sont exposées dans une quasi obscurité, seulement éclairées par le halo lumineux de quelques spots. Les voitures sont toujours recouvertes de leur couche de poussière, de foin, de lierre, ou encore de leurs toiles d’araignées. Certains habitacles sont éclairés pour donner envie aux visiteurs de se glisser derrière le volant. Le tout au son d’une délicate musique d’ambiance. En observant attentivement les voitures on se rend compte que le temps et la rouille ont largement fait leur œuvre à se demander même si certaines voitures pourront être restaurées.
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Facel Baillon.
Les résultats de la vente aux enchères ont pour la plupart dépassés très largement toutes les estimations. Les pièces d’exceptions ont atteint des sommets avec la Ferrari 250 California SWB ex Alain Delon qui a atteint les 14,2 millions d’euros (16,3 millions avec les frais) et les Talbot Lagot T26 d’exceptions carrossées par Saoutchick mais très délabrées qui ont été adjugées 1, 45 millions et 625 000 euros. Il est intéressant d’étudier la valeur de la collection dans son ensemble, celle-ci était chiffrée entre 12 et 15 millions d’euros par les experts d’Artcurial Motorcars. La collection Baillon a finalement généré un chiffre d’affaires de 21,6 millions d’euros (hors frais). L’expression de sortie de grange du siècle n’était donc pas usurpée.

Intéressons nous maintenant à ce qu’il adviendra de ces voitures, la vente de la collection Baillon répondra à une question importante, l’Automobile de collection est elle un objet mobile avec lequel on a plaisir à rouler ou s’agit-il désormais d’œuvre d’art. Pour les acquéreurs des voitures, deux solutions s’offrent désormais à eux, conserver les voitures telles quelles ce qui en ferait des œuvre d’art immobiles à jamais ou bien les restaurer partiellement ou totalement afin que celles-ci demeurent des autoMOBILES …

Voici les photos de la vente aux enchères de la collection Baillon par Artcurial Motorcars à Rétromobile.

Collection Baillon
par Artcurial Motorcars

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